| Chorégraphie
: Michel Hallet Eghayan |
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Un spectacle d'un lyrisme exceptionnel.
Une interprétation vivante et poétique merveilleusement rendue
par huit excellents danseurs.
Symbole du ballet romantique, Giselle ou les Willis est un ballet composé
par Adolphe Adam, sur un livret de Théophile Gautier dont on célèbre
en 2011 le bicentenaire de la naissance.
Giselle, créé à Paris en 1841, à l'Académie
royale de musique, devenu l'Opéra de Paris, reprend le thème
traditionnel de l'amour plus fort que la mort, motif qui remonte au mythe
d'Orphée et d'Eurydice pour atteindre son apogée au milieu
du XIXème siècle et tout au long des décennies suivantes
dans les drames wagnériens. Giselle est considéré comme
le sommet, l'apothéose, sinon le symbole même du ballet romantique.
C'est Théophile Gautier qui en suggère l'argument et Jules
Henry Vernoy de Saint-Georges en s'inspirant d'un passage du livre d'Heinrich
Heine qui traite de la légende des Willis, ces fiancées mortes
la veille de leurs noces qui entraînent les voyageurs imprudents dans
des rondes mortelles à la nuit tombée. En apprenant qu'Albrecht,
qu'elle aime, est le noble fiancé d'une princesse, Giselle, une paysanne,
meurt. La Reine des Willis décide qu'Albrecht doit mourir. Il est
condamné à danser jusqu'à la mort, mais l'esprit de
Giselle, en dansant avec lui, arrive à le sauver.
OEuvre précieuse, Giselle est une des rares pièces du répertoire
dont le sujet est explicitement la danse et les danseurs. C'est ce qui en
fait l'originalité et l'importance.
Le poète pose avec Giselle la fonction de la danse dans la passion
de la vie. Il place la danse à un paroxysme du mécanisme des
choses. Il en fait un art à part entière, artisan et témoin
de la passion des danseurs, comme ange suspendu entre la vie et la mort.
Le public ne s'y trompe pas et les danseurs rarement : Giselle est l'oeuvre
qui pose la danse et les danseurs dans l'espace du mythe.
Depuis ce milieu du XIXème siècle, un nouveau pays de la danse
a vu le jour avec des souffles nouveaux comme celui de Doris Humphrey, des
langages puissants tel celui de Martha Graham, des inspirations profondes
comme celle de MaryWigman, des techniques éblouissantes dont celle
de Cecchetti... Tant et tant de choses.
Cent soixante ans après sa création, avec Michel Hallet Eghayan,
Giselle a droit à sa résurrection sexy et prend un sacré
coup de jeune.
Trente-trois années de création n'ont en rien émoussé
l'énergie du chorégraphe, cofondateur de la Maison de la Danse,
qui développe un important parcours d'auteur doublé d'un attachement
à propager l'art et la danse dans la cité lyonnaise en tant
que ferment et ciment de la vie sociale.
Dans sa version de Giselle, dès le premier acte, nous voilà
aux antipodes de l'héroïne à sa création : l'éprise
gémit dans les bras du prince, épanouie de désir, évanouie
de plaisir, serrant l'ardent Albrecht entre ses jambes, vierge de toute
pudeur.
Dans le second acte : festival de cape et d'effets. Le gore-chic bat son
plein.
La patte de Michel Hallet Eghayan est intacte.
La technique est parfaite et interloque toujours autant.
Les sons, le verbe, le geste, le temps et l'espace sont en accord parfait.
L'oeuvre d'art est accomplie.
Durée : 1 h 10