
L’implacable froideur du monde me renforce plus que jamais dans
cette conviction que si nous ne croisons pas nos cultures, si nous n’unissons
pas nos voix,
nous ne serons rien.
L’Art seul permet de combattre ce mal du temps qui fausse notre
route.
Les lieux de l’esprit et de la culture conservent la trace de l’émotion
et la vibration de la vérité. Ils sont des relais foisonnants
de la mémoire vivante de notre humanité, ce ferment de fraternité
dont nous avons tant besoin, surtout en cette période de zapping
idéologique où l’on a de plus en plus de mal à
reconnaître les siens.
Le théâtre ne fait que nous ramener aux sources mêmes
de nos différences. Il est une des clés qui ouvrent les
portes de l’imaginaire. Il nous guide en nous transportant dans
le tourbillon des mots et des images.
Il est toujours là à nous attendre où nous sommes
comme un double qui éclaire nos passions.
Il porte une pensée qui dilate le partage, exulte la vie, bouscule
les préjugés et le convenu, suscite le rire et tisse les
silences de la fascination.
Cette saison encore, notre théâtre a voulu mêler les
formes d’écriture et d’expressions visuelles les plus
diverses en les réunissant autour de l’axe de la créativité
artistique contemporaine.
Les artistes que nous allons recevoir nous ferons voyager à travers
leurs rêveries et leurs emportements poétiques. Avec eux,
nous découvrirons le regard qu’ils portent sur la société
et sur le monde des idées.
Je ne voudrais pas clore cet édito sans exprimer mon entière
gratitude envers toutes celles et tous ceux qui se sont engagés
à nos côtés pour nous apporter leur soutien durant
la grève de la faim que j’ai menée avec mon ami poète
Jean Poncet pour le rétablissement des subventions du Ministère
de la Culture.
Je leur réaffirme que ce lieu pour lequel ils se sont battus leur
appartient, qu’il est leur théâtre, un espace de liberté
et de fraternité où la culture a le devoir d’être
un droit pour tous.
Mais à ce jour, seule une petite partie des subventions initialement
supprimées a été rétablie par Monsieur Frédéric
Mitterrand.
Il nous reste donc à nous battre encore pour obtenir les moyens
décents que reçoivent les structures équivalentes
soutenues par la DRAC PACA, afin que le Toursky puisse poursuivre et développer
son projet qui lui tient si fortement à coeur :
“le développement culturel pour chacun”.
Richard Martin