| Texte et mise en scène : Patrick Rabier |
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Burlesque, parodique et d'une force toujours débordante de poésie,
l'univers des Sam Harkand est pétri d'une délirante exubérance
à laquelle il est bien difficile de résister.
On avait été impressionné la saison dernière
par l'univers poético-baroque et inspiré de ces comédiens
inventifs, ces maîtres de la marionnette et grands créateurs
de masques. Après Arturo Ui, ils nous reviennent avec une histoire
en forme de métaphore sur l'érosion des utopies face au pouvoir
et à l'argent.
Les derniers membres du cabaret Amortillado se sont enfuis de leur pays.
Ils ont décidé de se réfugier en France, réputée
pour être un pays de liberté, d'égalité, de fraternité
et surtout de culture.
C'est l'histoire d'un pays qui élit à sa tête un Grand
Directeur, une sorte de fantoche entouré d'une équipe de requins.
Le projet de ce gouvernement semble partir d'une noble idée : abolir
la pauvreté. Mais la réalité est tout autre : prise
en charge par des spécialistes de la communication et de la finance,
la population est entraînée dans une course à la richesse...
Comme dans les pièces de Brecht, l'histoire oscille entre scènes
jouées et scènes chantées. L'atmosphère est
très inspirée du Berlin des années 30 et des cabarets
underground qui y fleurissaient.
Visuellement, le décor et les personnages trouvent leurs origines
dans les films de Fellini, les mises en scène des cabarets de Karl
Valentin et la peinture des expressionnistes.
Les cinq personnages qui composent cette fable appartiennent au monde du
masque grotesque.
Des corps aux formes exacerbées, des visages exagérément
expressifs dans une surenchère de couleurs où dominent le
noir et le blanc.
Ces saltimbanques sont de la famille des clowns et des bouffons. Ils affirment
le jeu qu'ils nous donnent, ils affirment la fable et servent de miroir
- à peine déformant - au public.
Une fable vibrante d'espérance sur la fraternité des artistes.
Durée : 1 h 55