page précédente page suivante

Histoire

Le 30 octobre 1970, une poignée d'artistes écrivait le nom du poète Axel Toursky sur le fronton d'une salle de quartier, à Saint-Mauront, rêvant de poursuivre les belles aventures du Théâtre Quotidien de Marseille et d'Antoine Bourseiller. La Compagnie Richard Martin était née. Pendant 30 ans, elle a sans cesse exprimé cet amour de la scène pour mieux le faire partager. Essentiellement orientée vers la création contemporaine, sa programmation a toujours été ouverte à l'ensemble des disciplines du spectacle vivant : théâtre, danse, musique et variétés. Richard Martin a souhaité poursuivre cette même démarche lorsque le Toursky à réouvert ses portes en 1990, flambant neuf, après plus d'une année de travaux.
Au cours de ces dix dernières saisons, le Toursky a proposé à son public deux cent trente et un spectacles, sans compter les accueils hors programmation, les rencontres avec les créateurs, les expositions, les matinées des Jeunesses Musicales de France, les soirées cinéma, les colloques et les manifestations de l'Institut International du Théâtre Méditerranéen.
Il a produit ou coproduit 41 de ces spectacles, ce qui représente un engagement considérable, et compte tenu de son budget, pratiquement inégalé en faveur de la création.

Si, parmi toutes les productions créées au Toursky au cours de ces dix dernières saisons, il fallait en retenir deux qui rendent le plus fidèlement compte de la démarche et des priorités qui animent la Compagnie Richard Martin, ce serait, sans aucun doute, l'évènement qui marqua la saison 93/94 : "VIENS, ON S'EN VA", et, plus récemment en 1996, "LA DECHARGE, OPERA DES RATS".
Spectacle conçu et mis en scène par Richard Martin, "VIENS, ON S'EN VA" réunissait 35 acteurs, danseurs, musiciens et chanteurs des pays du bassin méditerranéen et d'Afrique, mais aussi des habitants des quartiers Saint-Mauront et Belle-de-Mai. Aboutissement d'une très longue préparation (pas moins d'une année) rendue récessaire par la coordination de l'ensemble des participations, ce spectacle a mobilisé l'équipe du Toursky pendant trois saisons (recherche de coproductions, création et reprises). "VIENS, ON S'EN VA" fut un évènement considérable, salué par la presse internationale et plébiscité par un public venu de tout le département mais aussi des départements voisins.
Le caractère pluriethnique de ce spectacle aura permis l'élargissement du public traditionnel du théâtre en direction des différentes communautés installées dans les quartiers limitrophes.
C'est inspiré, encore, par la même volonté de "donner la parole", et mû par cette même "urgence à regarder d'un autre œil ce que l'on appelle pudiquement "les problèmes des banlieues" - drogue, chômage, racisme, égoïsme, délinquance, incommunicabilité-", que Richard Martin crée, en Octobre 96, "LA DECHARGE, OPERA DES RATS", dont douze années auparavant, Léo Férré avait écrit les dialogues. Ici encore, des habitants des quartiers Saint-Mauront et Belle-de-Mai, après avoir suivi une formation, se sont joints aux comédiens professionnels.

LE TOURSKY ET LA CREATION CONTEMPORAINE

Depuis plusieurs années, le Toursky a fait le choix de montrer au public les courants majeurs de la création théâtrale contemporaine française (le "Macbeth" de Marc François - Théâtre des Deux Roses - en est un exemple), coproduisant de nombreux spectacles pour la plupart créés dans sa propre salle avant de partir en tournée (Ay Carmela - mise en scène de Pierre Chabert -, Ulysse à l'envers, de Wladyslaw Znorko).
Richard Martin, qui avait permis au public marseillais de découvrir Tadeusz Kantor juste avant la rénovation du théâtre, est aussi à l'origine de nombreux projets. "Le chant d'amour des alphabets d'Auschwitz" est né de sa rencontre avec Armand Gatti qu'il a fait venir à Marseille. Et comme pour Kantor, la réalisation de ce projet a nécessité la participation de nombreuses structures de la ville. De même que celle de "Chutes" de Grégory Motton, créée pour la première fois en France par Claude Régy. Il a été le premier à accueillir Jorge Lavelli, et c'est aussi grâce à lui que Wladyslaw Znorko, Pierre Pradinas et Stéphane Braunschweig ont pu enfin présenter leur travail aux marseillais.
Les coproductions concernent des spectacles proposés par des metteurs en scène ou chorégraphes connus comme Armand Gatti, Claude Régy, Wladyslaw Znorko, Mehmet Ulusoy, Michel Dubois et Pierre Chabert, Marc Tompkins et Trisha Brown ou Roberto de Simone, mais Richard Martin a également fait le choix de soutenir des projets de personnalités artistiquement moins connues, et qui représentent une certaine part d'aventure et de risque : François-Michel Pesenti, Jean-François Matignon, Jean-Pierre Duperray, Maurice Taszman, Prosper Diss, Josette Baïz, Geneviève Sorin, Gérard Gourdot, Christian Fredric, Stéphane Olivié-Bisson ou la Petite Compagnie Lyrique. En ce sens, le Toursky joue pleinement son rôle de découvreur et de soutien à des artistes qui n'auraient jamais trouvé les moyens de mener à bien leurs projets.
Si l'on considère les autres spectacles accueillis, on retrouve la même approche contemporaine à quelques exceptions près.
La programmation de ces dix dernières saisons reflète un souci d'éclectisme qui correspond à la volonté de Richard Martin d'ouvrir son théâtre à toutes les expressions artistiques. Le Toursky a ainsi offert un très large éventail de spectacles, du répertoire classique au moderne, de la satire jubilatoire à la tragédie, du théâtre musical au théâtre purement visuel. La danse (en collaboration avec Marseille Objectif Danse), la musique et les variétés ont offert cette même diversité, tantôt en invitant des artistes de notoriété internationale, tantôt en soutenant des artistes qu'ils souhaitent faire découvrir au public.

Les Jeunes Compagnies (Fraction, l'Association, le Théâtre du Sablier ou le Point Aveugle) côtoient délibérément les Compagnies Dramatiques (Cosmos Kolej, Chapeau Rouge, les Ateliers Contemporains, La Parole Errante, etc...), les Centres Dramatiques Nationaux ou les Théâtres Nationaux (La Colline, le TNS, le Sorano, le Campagnol, Chaillot, Boulogne Billancourt)...
Les auteurs contemporains Serge Valetti, Roberto Cossa, Mehmet Baydur, Michel Simonot, Grégory Motton, Fadel Jaïbi, Sanchis Sinistera sont présentés en alternance sur la scène du Toursky avec Bernard-Marie Koltès, Thomas Bernhard, Heiner Muller, Armand Gatti, Dario Fo, Horvath, Genet, Aragon, Jordan Plevnes, H.F. Blanc et leurs aînés Molière, Racine ou Sénèque...
Les jeunes metteurs en scène Stéphane Braunschweig, Patrice Kerbrat, Laurent Pelly, etc... trouvent leur place aux côtés de Jean-Marie Villegier, Jacques Rosner, Farid Paya, Jean-Louis Hourdin, Pierre Pradinas, Armand Gatti ou Claude Régy.
De même que les chorégraphes de la nouvelle génération comme Michèle Anne de May, auprès de Marc Tompkins, Philippe Découflé, Dominique Bagouet, Trisha Brown, Georges Appaix ou Mathilde Monnier...
Ce brassage des différentes générations d'artistes, de leur démarche et de leur aventure singulière s'inscrit au mieux dans la démarche artistique du Toursky. Si certains spectacles ont été d'un accès facile pour tous les publics (Les Guerres Picrocholines, La Nonna, Farces, Boby, Le Jeu des 7 Familles, la Vie criminelle de Richard III...) d'autres ont nécessité des approches particulières ou la recherche d'un public spécifique (rencontres avec les metteurs en scène, débats, animations en milieu scolaire et universitaire, expositions, etc...).

LE TOURSKY DANS LA VILLE

Depuis son installation au Toursky, Richard Martin a toujours souhaité approfondir son implication dans le quartier Saint Mauront Belle-de-Mai, en proposant des actions qui mettent en relation les populations et les artistes contemporains.
La culture prise dans une démarche globale s'affirme comme l'un des outils majeurs de recomposition de la vie sociale. Depuis 1991, des projets ont été conçus à partir de réalités humaines, géographiques et culturelles des différentes communautés, en s'inscrivant au sein de la dynamique du Développement Social Urbain.
La rencontre entre des auteurs et des plasticiens avec les habitants du quartier a permis la réalisation d'une émission de radio (avec la complicité de Radio Grenouille) et d'un CD sur le thème des places publiques en partant des récits recueillis par des enfants. L'émission a été diffusée par Radio Grenouille et France-Culture.
Plusieurs écrivains sont restés en résidence au cours des dernières saisons. Fatima Gallaire a travaillé avec des groupes de femmes sur la "correspondance", thème pivot d'un axe relationnel à recomposer entre les deux parties de Saint Mauront (quartier coupé en deux par l'autoroute), Jean-Pierre Ostende a rencontré des jeunes pendant six mois et un livre est né de ces échanges : "Ceux qui ont la vie devant eux".

A partir de ce texte, un nouveau projet réunissant Lucien Bertolina, Jean-Pierre Ostende et Michel Simonot autour du thème "De l'écriture à la lecture" se donne comme objectif la réalisation d'une création radiophonique. Les textes seront lus par les habitants du quartier et par les acteurs de passage ou en résidence au Toursky.
Depuis 1991, la Compagnie Richard Martin a entrepris des démarches pour mettre en œuvre la construction d'un Café-musique sur les terrasses du Toursky. Certaines administrations de tutelle ont donné une réponse favorable au projet et les services techniques des Bâtiments Communaux ont indiqué qu'il n'y avait pas d'obstacle majeur pour l'obtention du permis de construire. En attendant le bouclage prévu en 2001 du dossier, une association a été créée (Jeune Objectif Boulot) afin de permettre une meilleure intégration du Café-musique dans la vie du quartier. La gestion de cette structure sera en effet réservée en priorité à des jeunes qui suivent les formations spécifiques mises en place par l'association. Ce sera un lieu d'animation, de formation et de convivialité ouvert à tous. Le projet comprendra :
* des studios de répétition
* un foyer d'artistes
* des cours et de la formation théâtrale débouchant sur de véritables qualifications
* Radio Grenouille, créée par Richard MARTIN devra réintégrer le lieu et être un véritable relais médiatique de l'action du théâtre et de la Scène de Musiques Actuelles.
L'année 2000 voit le Toursky se doter d'un atout supplémentaire en ayant sa propre maison d'édition dont l'une des principales émanations doit donner naissance, dans les premiers mois de l'année 2001, à la parution d'un projet : "La revue des Archers". Les deux instruments indissociables, l'un et l'autre se complètant, permettront des passerelles entre écrivains, poètes, dramaturges et peintres. Cette belle aventure s'inscrit dans un projet de cohérence commune, organisée autour d'un espace de liberté.

L'ACTION DANS LE DEPARTEMENT ET LA REGION

La chorégraphe Geneviève Sorin et le metteur en scène Pierre Chabert sont restés en résidence au Toursky et ont proposé pendant leur séjour des rencontres avec le public et des interventions dans les classes des collèges voisins, permettant ainsi aux élèves comme aux enseignants de mieux comprendre leur parcours et leur travail.
Dominique Cier, auteur, est intervenu durant un an auprès des élèves des sections A4 du Lycée Marseilleveyre pour un cours d'initiation à l'écriture théâtrale.
D'autres expériences ont été menées avec le Département des études théâtrales de l'Université d'Aix-en-Provence (Projet Héraklès dirigé par le metteur en scène Maurice Tazman en résidence).
Par ailleurs, Richard Martin a toujours affirmé sa volonté de recevoir des compagnies du département ou de la région en mettant gratuitement les intallations du théâtre à leur disposition afin de leur permettre à la fois de disposer de conditions professionnelles pour leurs répétitions et de présenter leur travail devant une audience élargie.

Ouvert aux Compagnies régionales qui ont trop souvent des difficultés à montrer leur talent, le Toursky a ainsi depuis ces neuf dernières années, accueilli et suivi le travail de la chorégraphe aixoise Josette Baïz (Le Secret d'Emile, Spakachoc, Tribali ont été créées au Toursky), mais également Geneviève Sorin (Déguisée), La Petite Compagnie Lyrique (Prendre Corps, Iberiades), le Théâtre du Maquis d'Aix, Adel Akian, le Théâtre 13, la Compagnie Alain Timar, la Compagnie des Ours de Robert Cantarella, le Théâtre du Chien qui fume...

LE TOURSKY "INTERNATIONAL"

 

LA MEDITERRANÉE
Richard Martin est membre fondateur de l'INSTITUT INTERNATIONAL DU THEATRE MEDITERRANEEN, créé à la suite de l'Appel de Mérida lancé par José Monléon.
Depuis sa création, en 1991, au plan international, l'IITM a développé des réseaux nationaux autonomes dans plus de vingt pays. Selon l'esprit de l'acte fondateur de Mérida, il s'agit d'un regroupement d'artistes, de responsables artistiques et culturels, et non pas d'institutions. L'évolution de l'IITM correspond ainsi à un double mouvement : l'internationalisation et l'ancrage dans des réalités diversifées, non seulement sur les rivages de la Méditerranée, mais, au-delà, dans des pays (de l'Est ou d'Amérique du Sud, par exemple) où des artistes se sentent concernés par la culture de la Méditerranée. Ceci s'est traduit dans l'adoption de la déclaration de Cordoue en 1997 par l'ensemble des réseaux. Aujourd'hui l'IITM œuvre à la coopération entre artistes des pays du Sud et des pays de l'Est ou du Nord de l'Europe.
Autour des thèmes qui sont abordés lors des Rencontres Internationales de Marseille, organisées chaque année au théâtre Toursky, siège du Réseau Français de l'IITM ("Paix et violence en Méditerranée", "Vies artistiques en question - l'Algérie et la Yougoslavie - les moyens de la résistance", "l'Algérie, quelles actions ?", "Théâtre public : le prix de l'artiste dans le monde"), colloques, expositions et spectacles illustrent et renforcent la vocation du Toursky, déjà largement affirmée, de plaque tournante des échanges culturels méditerranéens ; vocation concrétisée par des collaborations avec le Théâtre National Algérien, le Théâtre de Tunis (avec l'accueil de Comédia et de Familia, créations de Fadhel Jaïbi), ou le Théâtre d'Istambul (Electra Station de l'auteur turc Mehmet Baydur).

C'est dans le prolongement naturel de ces Rencontres Internationales que le Toursky, pour la première fois en 1996, a inscrit à son programme MAI-DITERRANEE, "mosaïque de paroles, de textes, d'images, de sons, de rythmes et de couleurs, apparemment contradictoires mais puisant aux mêmes sources des mythes méditerranéens" ; ici se succèdent, dans un metissage affirmant sa richesse et sa liberté, spectacles (Identidades, puis Carmen, par la Cuadra de Seville, Sephilo Speos de Michel Sidoti - Compagnie de l'Agora Méditerranée, Algérie en éclats - Compagnie l'Amour Fou, Motel de François Abou Salem et Francine Gaspar), Nuit Africaine, musiques et poésies (Iberiades par La Petite Compagnie Lyrique, Concert-Parolade Méditerranéen, Paco Ibanez, Horo, Jo Corbeau), et danses (Ballet Méditerranéen, Sadhana - Ballet Indo-Européen, Mountain Fountain de Pierre Droulers - Marseille Objectif Danse, Danse-Théâtre de l'Inde, par Nirmala et Patrick Gleyse, et, dans MAI-DITERRANEE 97, le Premier Festival International de Flamenco organisé par l'Association Guadalquivir) transformé ensuite en Nuit du Flamenco avec la Fura Del Baus ou la Compagnie de Danse Flamenca Carmen Cortes.
Dans les années qui viennent, le Festival MAI-DITERRANEE devrait devenir sur Marseille le plus grand festival de la méditerranée, et regrouper plusieurs partenaires.
LES PAYS DE L'EST
International encore, mais cette fois ouvert aux théâtres venus de l'Est, le Toursky a créé son premier Festival de Théâtre Russe en Février 95, accueillant le Théâtre Pokrovka de Moscou (quatre spectacles, et un "Master Class" dirigé par Sergeï Artsibachev), puis lors de la saison 96/97, le Théâtre Maly, le Théâtre Katchalov de Kazan et le Théâtre Torikos de Guilendjik. Pour la saison 97/98 et autour de l'œuvre de Mikhaïl Boulgakov le théâtre Toursky et le théâtre Prokovka se sont associés dans une coproduction franco-russe "La Cabale des Dévots", chaque troupe jouant dans sa langue maternelle, puis le Toursky a accueilli le théâtre de Kazan dans "Les Œufs Fatidiques" et le théâtre du Jeune Spectateur de Moscou avec "Cœur de Chien". La saison 98/99 a été consacrée au 200ème anniversaire de la naissance de Pouchkine, avec en création internationale "La Dame de Pique" par le Théâtre Académique de Kazan ; 99/2000 aura mis l'accent sur les temps forts du Théâtre Russe au XXème siècle avec des pièces de M.Artsibachev et Mrozek, ainsi que la comédie musicale "Un Violon sur le toit" dans une mise en scène de A. Slavoutski.Enfin, issu de l'amitié entre Richard Martin et le comédien Virgil Ogasanu, le premier Festival de Théâtre Roumain a accueilli au Toursky, en avril 1997, le Théâtre Bulandra (Le Lit de Procuste, Six personnages en quête d'auteur, L'enfant enfoui - mis en scène par Catalina Buzoianu, et, Woyzeck - mis en scène par Gabor Tompa) et le Théâtre Juif d'Etat de Bucarest (Ce soir, Lola Blau, interprété par Maïa Morgenstern). En novembre 99, "Chira Chiralina" et "Méditerranée" de Panaït Istrati, mis en scène par Catalina Buzoianu, puis "Mademoiselle Julie" d'A. Strindberg, avec dans le rôle phare Maïa Morgenstern. Bientôt seront présentés "Costumele !" de Dan Puric, Turandot mis en scène par Catalina Buzoianu et "La Dame aux Camélias" mis en scène par Razvan Mazilu.

LES UNIVERSITES POPULAIRES

Dans le prolongement de ce souci d'élargissement des "frontières", le Théâtre Toursky, en marge de son activité traditionnelle, a ouvert, depuis septembre 1995, une Université Populaire où des scientifiques, des écrivains, des poètes, des artistes, des médecins, des architectes, des économistes, abandonnent, le temps d'une soirée, leur auditoire professionnel pour venir parler de leur savoir et de leur métier devant le public diversifié du Théâtre Toursky, dont de nombreux habitants du quartier.

La règle veut donc que les intervenants rendent accessible leur discipline et leur sujet afin de démontrer que même les choses qui peuvent paraître les plus rébarbatives sont compréhensibles par le plus grand nombre quand les jargons professionnels sont laissés de côté. La parole savante devient intelligible. La proximité intervenants/public lors de ces rencontres lui confère une pédagogie plus ludique et conviviale. La parole est partagée.
Notre projet est donc de multiplier les évènements de type culturel et de les porter.

On le comprend, la mission du Toursky est essentiellement celle d'une Compagnie qui présente ses propres créations, ouvre ses portes et offre ses moyens et ses équipements à d'autres propositions artistiques, en France et à l'étranger.
Il existe une certaine distance entre Léo Ferré et Manu Dibango, entre Stéphane Brunshweig et Jacques Rosner, entre Wladislaw Znorko et Serge Valetti, Fadhel Jaïbi et Sénèque, Raymond Devos et Armand Gatti. C'est le choix de la diversité. Richard Martin est fidèle à des artistes, à des parcours, à des compagnons de route qu'il croise l'espace d'un spectacle, ou qu'il associe à la vie du Toursky pendant plusieurs saisons, faisant de ce lieu l'endroit où se rassemblent les poètes et les curieux qui pensent que le théâtre raconte la grande et la petite histoire de l'humanité.
C'est l'un de ces trop rares lieux où l'on peut encore prendre et reprendre la parole. Il n'y a pas d'autre salle à Marseille pouvant offrir cette ouverture et cette dynamique qui font du Toursky le théâtre privilégié du débat contemporain.