Le théâtre est l’endroit exact où la vie prend tout son sens et où la parole poétique peut fleurir librement.
Il est un lieu de désobéissance utile qui génère cette part de rêverie et d’utopie que l’âpreté de la bêtise et la multiplication de la barbarie voudraient nous enlever. Il piège les vérités marchandes et les subterfuges que la clique des puissants tente d’ériger en certitudes. Mais nous ne sommes pas dupes de ces leurres et le manège à illusions des pouvoirs ne nous donne pas le tournis car nous avons nos propres boussoles pour nous indiquer la direction de l’essentiel.
En fédérant les artistes autour d’une idée de fraternité, le Théâtre Toursky continue à rendre plus proche et plus explicite l’idée d’une Culture pour tous, ce partage du cœur et de l’esprit qui nous montre que les voix de la différence sont toujours là pour faire avancer les mentalités et
qu’elles sont surtout le seul possible chemin d’accès à une générosité retrouvée.
Par ces multiples questionnements, l’art nous offre des solutions pour
comprendre le drame récurrent qui atrophie notre monde en
complète dérive et qui prive notre avenir de toute notion de
l’humain. Car l’humain nous porte au-delà des clivages. Si nous
ne faisons pas un geste vers cette humanité qui se tarit au fond de
nous, si nous n’écoutons pas le message des artistes, la Beauté et
la Vérité risquent de se perdre à tout jamais dans une
impasse sans retour. Souhaitons alors qu’avec la
perspective de ce nouveau quinquennat, les politiques
sachent être enfin à la hauteur de leur mission, c’est-à-dire en
prise directe sur les besoins de notre société.
Pour nous qui défendons la création, il nous semble
urgent que l’idée de culture puisse enfin nous rassembler
autour de ce qui nous paraît être le socle de tous les
départs de solutions.
Avec la venue d’immenses comédiens comme
Michel Bouquet, Robert Hirsch, Pierre Arditi, mais aussi les autres
talentueux artistes qui composent la mosaïque de cette nouvelle
saison, je souhaite au public du Toursky des soirées pleines de
partage et d’ émotion. Au nom de toute mon équipe, je ne voudrais pas
clore ces lignes sans une pensée affectueuse pour notre ami
Georges Andgouladze qui vient de nous quitter.

Richard Martin